DIAL

Infrastructures, Population dynamics, and Internal Migrations in Sub-Saharan Africa

Hamidou Diallo

Décembre 2022

Université Paris-Dauphine

Sous la direction de Sandrine Mesplé-Somps et Anne-Sophie Robilliard

L’Afrique sub-saharienne fait partie des régions du monde qui posent les plus grands défis présents et à venir de peuplement et de développement du fait tant des dynamiques démographiques observées que des conditions climatiques des plus difficiles. En 2050, la population africaine est estimée à plus de deux milliards, ce qui représentera un quart de la population mondiale. Les travaux empiriques de cette thèse analysent les interactions entre les dynamiques de population, les infrastructures et les migrations internes dans deux pays d’Afrique subsaharienne en mobilisant des données démographiques longitudinales et de panel originales et relativement rares dans le contexte africain.
Le chapitre 1 examine l’effet causal d’une forte augmentation de la construction d’écoles entre 1998-2005 sur la fécondité, le mariage précoce et la santé reproductive dans la zone de l’observatoire de population de Niakhar située en milieu rural sénégalais. Les données du suivi-démographique ont été appariées aux données géo-référencées et datées des infrastructures scolaires nous permettant d’identifier les femmes exposées et non exposées à l’expansion de l’offre éducative. Les résultats montrent que les femmes exposées ont plus de chance d’achever l’école primaire et ont moins d’enfants avant l’âge de 25 ans que les femmes non exposées. Le retard de l’âge au mariage et un changement de comportement sanitaire lié au lieu d’accouchement semblent être les mécanismes à l’œuvre. Accoucher moins à la maison réduit le risque de mortalité infantile, ce qui évite aux mères de s’engager dans une stratégie de fécondité de rattrapage. Cependant, l’exposition aux écoles ne semble pas avoir un effet sur les comportements sanitaires liés aux visites prénatales.
Le chapitre 2 étudie l’impact des chocs pluviométriques sur la mortalité infantile en milieu rural sénégalais sur trois décennies 1985-2016 en fusionnant des données pluviométriques géo-localisées et les données du suividémographique de Niakhar. Une déviation positive des précipitations par rapport à la moyenne historique augmente le taux de mortalité post-néonatale au cours de la période 1985-2016 avec un effet fort en saison des pluies suggérant un effet maladie-environnement. En analysant l’hétérogénéité de l’impact des pluies selon le sexe, nous trouvons un effet de genre frappant suggérant que seules les filles sont affectées par les précipitations. Par ailleurs, l’ampleur de l’effet des chocs pluviométriques est plus important dans les villages disposant de moins d’infrastructures, ce qui souligne l’importance des infrastructures dans l’atténuation des effets néfastes des chocs climatiques sur la mortalité. Au cours de la dernière décennie, caractérisée par une augmentation des précipitations avec une forte variabilité interannuelle par rapport aux deux premières décennies, l’effet revenu-nutrition domine l’effet maladie-environnement, ce qui suggère que la distribution massive de moustiquaires imprégnées a permis de réduire la mortalité liée au paludisme.
Le troisième et dernier chapitre examine l’effet des migrations internes en Afrique du Sud sur la scolarisation des enfants. En utilisant les données de panel d’individus de National Income Dynamics Study (NIDS) de 2008 à 2017, je compare la progression scolaire et le niveau d’éducation entre les enfants migrants et non-migrants. Les résultats suggèrent que les enfants migrants, notamment ceux qui migrent en même temps avec leur mère ont une meilleure progression scolaire que les enfants non migrants.

 

Mots clés : Infrastructures, Dynamiques de population, Migrations internes, Education, Changement climatique, Afrique sub-Saharienne..